Mieux vaut naître d’une jeune mère

Le 30/04/2018
 
Les mères ne sont plus des inconnues
 
Il y a eu 82 Groupes (1, 2 et 3) disputés en France entre le 1er janvier et le 26 avril 2018.
72 d’entre eux ont été remportés par 57 trotteurs inscrits au stud-book français. L’échantillon commence à être conséquent. Ce sommet de la pyramide du trot, cette élite vers laquelle les majorités des éleveurs, propriétaires, entraîneurs aspirent, réunissent immanquablement les données essentielles pour ?faire? un bon cheval. L’objectif est le même pour tous : fabriquer un honnête compétiteur ou, mieux encore, un champion. Si le choix des étalons est vaste (lire actualités du 26/03 intitulées « La France, ce pays aux 400 étalons »), la variable la plus importante est bien portée par la poulinière. Plus de 16.000 sont en activité en France. Elles ont donné vie à 10 814 foals l’an dernier, 10 991 en 2016 et 11 441 en 2015. Alors qu’est-ce qui caractérise les mères de l’élite ? Nos 57 vainqueurs nationaux des Groupes 2018 feront un parfait échantillon (à noter que Grand National du Trot d’Agen (Gr.3) a donné deux lauréats grâce à un dead-heat – lire plus loin).
 
Quel est l’âge moyen des mères ?

Les 57 mères des lauréats français des 72 Groupes en question affichent une moyenne d’âge actuelle légèrement supérieure à 16 ans (16,14 ans exactement). Mais la donnée la plus éclairante sur ce sujet est bien sûr l’âge des mères lors de la naissance des produits considérés. Et, à ce petit jeu, on arrive à une moyenne de 10,98 ans. La plus âgée de notre échantillon est Djakarta, affichant 24 ans au moment de la naissance de First Daidou. Les plus jeunes, au nombre de trois et âgées de 5 ans quand elles ont donné naissance à leur rejeton lauréat de Groupe, sont Avenue Victoria (mère de Ferreteria), Andréa d’Ecajeul (mère de Folelli) et Salsa d’Orgères (mère de Brune des Forges). Le premier élément du portrait-robot de la mère d’un gagnant de Groupe 2018 se dessine : il a trait à sa relative jeunesse : moins de 11 ans en moyenne à la naissance du produit.


Distribution des produits en fonction de l’âge des poulinières à leur naissance
 


Quelle position occupent les foals dans la production de la mère ?

La jeunesse tient donc la corde du côté des mères. Mais quelle position occupent dans leur production les produits qui nous intéressent ? Ils appartiennent au début de la vie au haras des poulinières. Pour être précis, leur position moyenne serait de 4,73 dans une fratrie type. Si l’on supprime les deux éléments aux positions extrêmes (un premier produit et un… 18e produit), on corrige cette moyenne à 4,29. La médiane est de 3 (grosso modo 50 % des lauréats de Groupe appartiennent aux trois premiers produits et 50 % figurent au-delà de cette valeur).
 
Distribution des produits en fonction leur position dans la production de leur mère



Les mères ont-elles couru et gagné ?

Voilà le point le plus étonnant de cette étude. Sur les 57 mères de notre échantillon, 54 sont qualifiées ! Les trois exceptions ont pour noms Nariane Marceaux (mère de Fly With Us), Top Angevine (mère d’Everly) et Oranginette (mère de Vrai Voyou). Et que dire des 54 mères restantes ? 42 ont gagné en compétition. Mieux encore, sur ces 42 lauréates, 28 l’ont été à Vincennes (ou Enghien). Et parmi ces 28, on compte deux lauréates de Groupe 1 : Mara Bourbon (mère de Follow You) et Holly du Locton (mère de Captain Sparrow) et plusieurs titulaires de Groupe 2 comme Romance du Ruel (d’où Elite du Ruel) et Nina des Racques (mère de Fanina des Racques).
 
Le portrait-type : jeune, gagnante et trosième produit

Le portrait-robot de notre mère d’un gagnant de Groupe, sur les quatre premiers mois de 2018, s’établit définitivement comme tel : jeune (moins de 11 ans à la naissance du produit), lauréate à bon niveau avec un produit qui oscille autour de la troisième place dans sa production. Les premiers produits (8 cas), deuxièmes (14 cas) et troisièmes (5 cas) occupent incontestablement les places prépondérantes de ce panorama. Ils représentent à eux seul 47 % de l’échantillon. Evidemment, des exceptions existent dans le paysage. Le premier d’entre eux est Bird Parker, né d’une mère Belisha âgée de 22 ans à sa naissance. Le champion était son dixième produit. Même remarque, en ?pire encore?, pour First Daidou, dix-huitième produit de Djakarta, âgée de 24 ans au moment de son apparition. Mais, à l’inverse, Cleangame, Valko Jénilat, Ferreteria, Coup Droit et d’autres encore sont des premiers produits. En conclusion, mieux vaut naître d’une mère confirmée en compétition et jeune pour s’imposer au niveau Groupe. Les poulinières inconnues (comprendre sans performances), chères à l’élevage français il y a deux décennies seulement, semblent en voie de disparition.
 
Ensemble des lauréats français de Groupe 2018 avec les données sur leur mère
Légende : NQ : non qualifiée / Q : qualifiée / G : gagnante / GV : gagnante Vincennes (ou Enghien) / G Gr.1 : lauréate de Gr.1


  Cheval / produit Nbre vict.
de Groupe
Mère Âge mère (en 2018) Âge mère
à la naissance produit
Carrière
mère
Position produit dans la production
1 Arlington Dream 4 Ialla Clairchamp 22 14 GV 6
2 Davidson du Pont 3 Laguna du Pont 19 14 G 5
3 Viking Blue 3 Idole Blue 22 13 G 6
4 Bird Parker 2 Belisha 29 22 GV 10
5 Bold Eagle 2 Reethi Rah Jet 13 6 G 2
6 Cleangame 2 Red Bell 13 7 Q 1
7 Delia du Pommereux 2 Noune du Pommereux 17 12 GV 5
8 Dexter Fromentro 2 Princesse d'Ombrée 15 10 Q 6
9 Erminig d'Oliverie 2 Theze d'Oliverie 11 7 Q 2
10 Fado du Chêne 2 Star du Chêne 12 9 GV 3
11 Ferreteria 2 Avenue Victoria 8 5 G 1
12 Follow You 2 Mara Bourbon 18 15 G Gr.1 5
13 Aribo Mix 1 Hardness 23 15 GV 6
14 Aubrion du Gers 1 J'Arrive du Gers 21 13 GV 4
15 Barry de Courtison 1 Kippa du Morin 20 13 G 7
16 Beau Gamin 1 Cadette 28 21 GV 12
17 Bel Avis 1 Gloria Maris 24 17 Q 9
18 Belina Josselyn 1 Lézira Josselyn 19 12 GV 6
19 Bilibili 1 Quetty du Donjon 14 7 Q 3
20 Brune des Forges 1 Salsa d’Orgères 12 5 Q 1
21 Bugsy Malone 1 Night Captain 17 10 GV 2
22 Caduceus des Baux 1 Festina des Baux 25 19 GV 13
23 Captain Sparrow 1 Holly du Locton 23 17 G Gr.1 10
24 Cash Maker 1 Salt Lake City 12 6 GV 2
25 Charmeuse Royale 1 Léa Royale 19 13 Q 7
26 Coffee Look d'Eam 1 Nidra Pierji 17 11 GV 4
27 Colonel Bond 1 Miss Margaretha 18 12 Q 5
28 Coup Droit 1 Saint Léonard 12 6 G 1
29 Darling de Reux 1 Queen Jet 14 9 GV 2
30 Detroit Castelets 1 Rosanna Bonheur 13 8 Q 3
31 Diademe Blue 1 Pépite d'Or Blue 15 10 G 2
32 Draft Life 1 Maflymède 18 13 GV 5
33 Dragon du Fresne 1 Rosée des Bois 13 8 Q 1
34 Earl Simon 1 Tindrana 11 7 G 2
35 Elite du Ruel 1 Romance du Ruel 13 9 GV 3
36 Elsa du Pommereux 1 Salsa du Pommereux 12 8 G 2
37 Elusive Feeling 1 Quechua de Charue 14 10 GV 4
38 Empereur The Best 1 Tania Trinité 11 7 Q 2
39 Enino du Pommereux 1 Noune du Pommereux 17 13 GV 6
40 Eridan 1 Topaze d'Atout 11 7 G 1
41 Estola 1 Nika 17 13 GV 6
42 Ever Pride 1 Queenly Pride 14 10 GV 4
43 Everly 1 Top Angevine 11 7 NQ 2
44 Exotica de Retz 1 Quayaya 14 10 GV 4
45 Express Jet 1 Run For Jet 13 9 GV 2
46 Ezreal Jiel 1 Una Lova Jiel 10 6 Q 2
47 Fakir du Lorault 1 Native du Lorault 17 14 GV 3
48 Fanina des Racques 1 Nina des Racques 17 14 GV 7
49 Fantastic Life 1 True Life 11 8 GV 2
50 Fastissime 1 Ivre de Victoire 22 19 G 8
51 Feeling Cash 1 Royale Star 13 10 GV 5
52 Fiorella de Ted 1 Ravissante Jo 13 10 G 4
53 First Daidou 1 Djakarta 27 24 G 18
54 Fly With Us 1 Nariane Marceaux 17 14 NQ 7
55 Folelli 1 Andréa d'Ecajeul 8 5 GV 1
56 Valko Jenilat 1 Perle du Roc 15 6 G 1
57 Vrai Voyou 1 Oranginette 16 7 NQ 2
 

Et du côté des étalons ?
 
 
Du côté des étalons, les données sont différentes avec l’agrégation autour de quelques acteurs du plus grand nombre de lauréats de Groupe. Ready Cash domine une nouvelle fois ce classement en étant l’auteur de 11 vainqueurs différents qui ont cumulé 17 succès. Il précède Prodigious qui affiche 7 lauréats pour 9 titres. Si les vénérables et toujours actifs Coktail Jet (28 ans en 2018), Ganymède, Gazouillis et Goetmals Wood (tous 24 ans) sont bien présents dans la liste des pères de gagnants de Groupe 2018, ils sont largement suppléés par une vague de jeunes. Une vague à laquelle appartient encore évidemment Ready Cash (13 ans). Si l’on considère l’âge des pères de nos vainqueurs à la naissance de ces derniers, on arrive à un âge moyen de 10,82 ans ! A comparer aux 10,98 ans des mères suivant la même logique. C’est du pareil au même… Quant à la position des produits dans la production de chaque étalon (à la combientième génération du père appartiennent-ils ?), la moyenne se fixe à 5,72 et la médiane à 4. Et quelle est la promotion des sires qui est la plus riche pourvoyeuse de lauréats de Groupe ? La première ! La prime à la jeunesse donc, encore et toujours. A noter que ces données abondent dans le sens de la logique du marché, avide des jeunes étalons.
 
Ensemble des lauréats français de Groupe 2018 avec les données sur leur père
Légende : NQ : non qualifiée / Q : qualifiée / G : gagnante / GV : gagnante Vincennes (ou Enghien) / G Gr.1 : lauréate de Gr.1

  Cheval / produit Nbre vict.
de Groupe
Père Âge père (en 2018) Âge père
à la naissance produit
Combientième génération du père
1 Arlington Dream 4 Ready Cash 13 5 1
2 Davidson du Pont 3 Pacha du Pont 15 10 1
3 Viking Blue 3 Prodigious 15 6 1
4 Bird Parker 2 Ready Cash 13 6 2
5 Bold Eagle 2 Ready Cash 13 6 2
6 Cleangame 2 Ouragan de Celland 16 10 4
7 Delia du Pommereux 2 Niky 17 12 8
8 Dexter Fromentro 2 Qwerty 14 9 3
9 Erminig d'Oliverie 2 Scipion du Goutier 12 8 4
10 Fado du Chêne 2 Singalo 12 9 4
11 Ferreteria 2 Goetmals Wood 24 21 16
12 Follow You 2 Ready Cash 13 10 6
13 Aribo Mix 1 Reve des Vallees 13 5 1
14 Aubrion du Gers 1 Memphis du Rib 18 10 5
15 Barry de Courtison 1 Quirky Jet 14 7 1
16 Beau Gamin 1 Quinoa du Gers 14 7 1
17 Bel Avis 1 Ganymede 24 17 12
18 Belina Josselyn 1 Love You 19 12 8
19 Bilibili 1 Niky 17 10 6
20 Brune des Forges 1 Rolling d'Heripre 13 6 1
21 Bugsy Malone 1 Ready Cash 13 6 2
22 Caduceus des Baux 1 Mark Speed 18 12 3
23 Captain Sparrow 1 Ready Cash 13 7 3
24 Cash Maker 1 Coktail Jet 28 22 17
25 Charmeuse Royale 1 Duc de Jiel 27 21 15
26 Coffee Look d'Eam 1 Look de Star 19 13 9
27 Colonel Bond 1 Revel d'Anama 13 7 1
28 Coup Droit 1 Prodigious 15 9 4
29 Darling de Reux 1 Prodigious 15 10 5
30 Detroit Castelets 1 Neoh Jiel 17 12 7
31 Diademe Blue 1 Gazouillis 24 19 14
32 Draft Life 1 Ubriaco 10 5 1
33 Dragon du Fresne 1 Saphir Castelets 12 7 1
34 Earl Simon 1 Prodigious 15 11 6
35 Elite du Ruel 1 Timoko 11 7 2
36 Elsa du Pommereux 1 Coktail Jet 28 24 19
37 Elusive Feeling 1 Goetmals Wood 24 20 16
38 Empereur The Best 1 Un Amour d'Haufor 10 6 2
39 Enino du Pommereux 1 Coktail Jet 28 24 19
40 Eridan 1 Ready Cash 13 9 5
41 Estola 1 Nectar 17 13 4
42 Ever Pride 1 Prodigious 15 11 6
43 Everly 1 Quarlos 14 10 1
44 Exotica de Retz 1 Prodigious 15 11 6
45 Express Jet 1 Goetmals Wood 24 20 15
46 Ezreal Jiel 1 Redeo Josselyn 13 9 3
47 Fakir du Lorault 1 Vaillant Cash 9 6 2
48 Fanina des Racques 1 Ready Cash 13 10 6
49 Fantastic Life 1 Prodigious 15 12 7
50 Fastissime 1 Ready Cash 13 10 6
51 Feeling Cash 1 Ready Cash 13 10 6
52 Fiorella de Ted 1 Up And Quick 10 7 1
53 First Daidou 1 Univers de Pan 10 7 1
54 Fly With Us 1 Ready Cash 13 10 6
55 Folelli 1 Timoko 11 8 3
56 Valko Jenilat 1 Kepler 20 11 5
57 Vrai Voyou 1 Gazouillis 24 15 10
 

Que disent les préparatoires au Critérium des 4 Ans ?
 
Les derniers préparatoires au Critérium des 4 Ans (samedi 5 mai à Vincennes) ont livré des verdicts qu’il convient de décrypter suivant une grille d’analyse un peu différente de d’habitude. Les Prix Gaston de Wazières (pour les pouliches) et le Prix Gaston Brunet (pour les poulains) se sont en effet disputés pour la première fois à Enghien. Un changement de terrain de jeu qui s’assimile à une distribution des cartes très différente de celle qu’on a coutume de connaître dans les tournois identiques disputés à Vincennes. Les professionnels participant aux épreuves se sont globalement exprimés en faveur de cette modification du programme. Dans leurs bouches, le principal argument concerne la distance utilisée. Les 2.875 mètres du plateau de Soisy (sans rendement de distance), se révèlent plus instructifs et profitables en vue du Critérium (sur 2.850 mètres) que les exercices sur les 2.100 mètres (autostart) de Vincennes proposés ces dernières années dans ces mêmes épreuves. D’autant plus que les deux "Gastons" préparatoires avaient pour cadre la petite piste ! Une sorte de grand écart avec le Critérium difficilement compréhensible. L’autre argument en faveur d’Enghien, est le changement de décor. Pour ces protagonistes de 4 ans, gavés du mâchefer de Vincennes, aller voir ailleurs est une respiration et une parenthèse bienvenues pour le moral. Voilà pour le contexte.

Concernant les résultats maintenant, on peut dire qu’il y a la naissance d’un doute avec la défaite d’Erminig d’Oliverie, battue nettement par des pouliches qu’elle domine habituellement de la tête et des épaules. Et, chez les mâles, il y a la révélation du très grand talent supposé d’Earl Simon, vainqueur de son épreuve avec classe et marge. Revenons aux pouliches. Le succès d’Estola met en lumière une pouliche qui évolue vers le meilleur. Sa première association avec Björn Goop a aussi fait des étincelles. Aidée par le profil plat d’Enghien, elle devra encore monter en puissance dans le Critérium pour jouer un tout premier rôle. Le déferrage sera le levier d’action miracle pour exhausser encore son niveau. Elle offre un premier succès semi-classique à son père Nectar 1’13 (par Ganymède 1’11), frère du classique Kiwi 1’11, et donc petit-fils de la classique Katinka 1’14. Nectar a été peu utilisé à ce jour (14 B enregistrés (sa 1re génération) pour 9 qualifiés, 6 E enregistrés pour 4 qualifiés) et mérite visiblement une meilleure considération. Chez les pouliches, l’autre bonne note est celle fournie par Eclipse Danica (une fille d’Hasting) animatrice quelque peu brillante et fautive à la fin. Quant à Erminig d’Oliverie (4e), la déception n’est sans doute pas si alarmante que cela. Ferrée et drivée en mode prudence par Franck Nivard, elle était loin dans le tournant final. Dans la ligne d’arrivée, la sélection n’ayant pas généré ses fruits comme à Vincennes, Erminig d’Oliverie n’a pu faire la différence avec son abattage hors-norme. En fait, elle ne s’est vraiment libérée et lancée qu’à… cent mètres du but, quand la messe était dite ! Pour elle, le retour à Vincennes le 5 mai résonnera comme une très, très bonne nouvelle. Du côté des poulains, Earl Simon a impressionné malgré un parcours pas toujours à son avantage. Ce fils de Prodigious 1’11 pourrait permettre à son père de conserver son titre dans le Critérium, douze mois après le sacre de Darling de Reux 1’12. Sa marge de manœuvre peut-être augmentée par le déferrage total (il était déferré des postérieurs dans ce Prix Gaston Brunet). Les deux autres bonnes notes sont à mettre au crédit d’Enino du Pommereux (2e), ferré et véritable métronome au meilleur niveau, et d’Express Jet. Longuement fautif à l’entame du dernier kilomètre, ce propre-frère de l’intéressante Daytona Jet 1’12m a réussi à se relancer, pour finir en progression. Lui aussi devrait hausser son niveau de jeu en étant pieds nus le jour J…
 
Aubrion du Gers, la difficulté des 50 mètres

Jean-René Gougeon disait souvent à l’époque d’Ourasi, dans les préparatoires au Prix d’Amérique dans lesquelles le crack devait rendre 25 mètres, que le handicap initial rendait la victoire plus difficile encore que dans la grande épreuve. Contraint de rendre 50 mètres, mercredi 25 avril à Agen dans la quatrième étape du Grand National du Trot, Aubrion du Gers a illustré à sa manière ce constat d’alors. Dans une épreuve sans temps mort, il a toujours "chassé". Il lui a fallu mettre son cœur sur la piste pour prendre le meilleur dans la ligne d’arrivée, tout en étant sollicité depuis longtemps. Et il a même été rattrapé sur le fil par un Aribo Mix déchaîné, parti pour sa part au deuxième échelon de départ. Les officiels n’ont pas eu d’autre choix que d’opter pour le dead-heat. Dans cette prestation de haut vol, le partenaire de Jean-Michel Bazire a battu le record du parcours agenais (2.675 mètres) pour le porter à 1’12’’3. Comme quoi, celui qui avait battu Bold Eagle à poteau égal l’an dernier dans le Prix d’Eté (Gr.2) peut disposer de tâches plus faciles contre l’élite que dans des courses à rendement de distance. Et comme l’a dit avec humour Jean-Michel Bazire dans l’enceinte des balances, une fois sa victoire (partagée) annoncée, «les prochaines fois, quand il partira à poteau égal, il rigolera… »
 
Top-50 des étalons français en 2018 (du 01/01 au 26/04)
(selon les gains reçus en France par les trotteurs inscrits au stud-book français)




Source : parci.free.fr



Dans le cadre de notre baromètre général du classement des étalons, pas de chambardement par rapport à la période précédente, de janvier à mars. Le fait remarquable de cette hiérarchie, après quatre mois de compétition, est la grande stabilité des valeurs. S’il faut bien sûr noter dans le top-20 les progressions notables par rapport à 2017de Timoko (7e) et Singalo (15e), on ne relève en revanche aucun décrochage de même ampleur. Ceux qui laissent leur place, Jag de Bellouet et Ganymède par exemple, le font avec douceur. Ils ne rétrogradent chacun, respectivement, que de cinq et six places. Il faut aller jusqu’à Quaro (43e en 2018 contre 21e en 2017) pour observer une rétrogradation plus conséquente, supérieure à vingt places.

STATISTIQUES DES QUALIFICATIONS PAR ETALONS (actualisation au 30 avril)
Retrouvez l'ensemble des données chiffrées des qualifications en cliquant ici

 
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