Catatumbo : les disidències de la farc accusées d'horreurs

Le Catatumbo, région déjà meurtrie par des décennies de conflit, est à nouveau le théâtre d'une spirale de violence impliquant les disidències de la FARC et l'ELN. Une enquête méticuleuse de la Fiscalía General de la Nación a permis d'incriminer des figures clés de ces groupes armés pour des crimes odieux, révélant un bilan humain alarmant.

Trois chefs de guerre face à la justice

Javier Alonso Velosa García, alias “Jhon Mechas”, chef du Bloc Magdalena Medio, Carlos Eduardo García Téllez, alias “Andrey Avendaño”, responsable politique, et Farby Edison Parra Parra, alias “Richard”, figure financière du Frente 33, ont été formellement accusés devant un juge de contrôle de garanties à Cúcuta. Les charges sont lourdes : homicide contre une personne protégée, déplacement forcé, recrutement illicite de mineurs et association à une organisation criminelle aggravée. Ils ont réfuté ces accusations, mais les preuves présentées par la Fiscalía laissent peu de place au doute.

La confrontation entre les disidències de la FARC et l’ELN, qui s'est intensifiée depuis janvier 2025, a laissé sur son passage 37 morts, 31 mineurs recrutés de force et le déplacement forcé de 87 personnes. Un chiffre qui, au-delà des statistiques, reflète la souffrance profonde d'une population prise en otage par la guerre.

Le recrutement d

Le recrutement d'enfants : une pratique cynique

L'une des accusations les plus choquantes concerne le recrutement de mineurs. Selon la Fiscalía, des membres du Gaor du Frente 33 ont activement recruté des adolescents de moins de dix-huit ans pour les entraîner à la violence. Des enregistrements audio, présentés comme preuves, révèlent l'organisation précise de ce recrutement, orchestré par les chefs de ces groupes armés.

“Ils ont été utilisés pour participer directement aux hostilités et aux actions armées”, a déclaré le procureur chargé de l'affaire, soulignant la cruauté de cette exploitation des plus vulnérables. Le Frente 33, dirigé par les accusés, aurait donné l'ordre explicite de ces recrutements, dans le but de renforcer ses effectifs et de contrôler plus efficacement le territoire.

Un contrôle territorial brutal

L’enquête révèle également que les disidències de la FARC ont cherché à étendre leur influence sur des municipalités clés du nord de Santander, telles que Tibú, El Tarra, Teorama et Hacarí. Pour atteindre cet objectif, elles n'ont pas hésité à recourir à la force, à la terreur et à des activités illicites pour financer leurs opérations. La Fiscalía souligne que ces actions ont semé la peur et l'effroi au sein de la communauté.

L'analyse des plaintes, des enquêtes et des études criminologiques a permis de reconstituer le puzzle de cette violence, démontrant la détermination implacable de ces groupes armés à s'imposer par la force. La Directiva N°003 de 2025 permet de poursuivre les accusés même si leurs ordonnances de capture sont suspendues, soulignant l'engagement de la Fiscalía à traduire ces criminels en justice, en collaboration avec le Consejero Comisionado de Paz.

Le Catatumbo reste donc un point chaud de la violence en Colombie, où les populations civiles continuent de payer le prix fort d'un conflit qui refuse de s'éteindre. Bien que la Fiscalía se montre déterminée à faire la lumière sur ces crimes, la route vers la paix et la réconciliation s'annonce encore longue et semée d'embûches.