Crédit : la morosité explose en argentine : les pme et les grandes entreprises ne sont pas épargnées
L'alerte est donnée. La dette des entreprises argentines s'enfonce, avec une augmentation spectaculaire de la morosité. En un an, les prêts commerciaux en souffrance ont triplé, atteignant 2,7 % en janvier 2026, un chiffre qui choque et qui révèle une fragilité économique persistante. Cette spirale inquiétante n'épargne ni les petites et moyennes entreprises (PME), ni les géants du secteur.
Un bond vertigineux de la dette impayée
Le chiffre de 2,7 % pour la morosité des prêts commerciaux est alarmant, mais le contexte est encore plus préoccupant. Il représente une multiplication par 3,37 par rapport à janvier 2025 (0,8 %). Cette progression fulgurante, révélée par le dernier rapport des Estudios Económicos del Banco Provincia, met en évidence une détérioration générale de la santé financière des entreprises.
Les PME sont particulièrement touchées. Si les grandes entreprises, bénéficiant d'une gestion financière plus solide, affichent un taux de morosité de seulement 2,4 % pour les prêts supérieurs à 1 000 millions de pesos, les petites entreprises voient leur situation se dégrader. La morosité a presque doublé, passant de 5,5 % en janvier 2025 à 13,6 % pour les prêts inférieurs à 50 millions de pesos. Le fossé se creuse, illustrant une ségrégation économique croissante.
L'impact géographique est également significatif. La province de Santa Cruz est en tête du classement, avec une augmentation de 6 points de pourcentage de son taux de morosité, atteignant 14,6 %. La Rioja et Chubut suivent de près avec des hausses respectives de 5,6 et 5,4 points. Ces chiffres ne sont pas anodins. Ils soulignent une fragilité structurelle du tissu économique national, qui se manifeste de manière variable selon les régions.
Le secteur hôtelier-restauration a été particulièrement affecté, avec une augmentation de 17 % des entreprises en difficulté. Le secteur agricole, malgré une croissance de 15 %, affiche un taux de morosité de 5,7 %, en hausse de 2,2 points par rapport à l'année précédente. Ces données suggèrent un déséquilibre entre la production et la capacité de remboursement des entreprises.
Les économistes du Banco Provincia appellent à une action rapide. Ils soulignent que la croissance du système financier est indispensable pour relancer l'Économieargentine, mais que le coût du crédit, exacerbé par une offre de fonds limitée, freine les investissements. Pour que les projets soient viables, il faut une rentabilité supérieure à celle observée dans le reste de la région. La situation actuelle, loin d'être une anomalie, pose un défi majeur pour l'avenir économique du pays.
Le report de paiement s'étend à plus de 35 000 entreprises, soit 12,5% du total des entreprises endettées. Ce n'est pas une simple coïncidence. Ces chiffres sont les symptômes d'une crise de confiance qui risque de s'aggraver si des mesures ne sont pas prises rapidement. La morosité, loin de s'estomper, s'étend, et les perspectives restent sombres.