Attaques drones en russie: lukoil visée, tension grandissante
La Russie a subi ce qui s'apparente à une escalade des opérations ukrainiennes, avec des frappes de drones ciblant des infrastructures énergétiques clés dans plusieurs régions. L'ampleur des attaques, et leur localisation, révèlent une nouvelle audace de Kiev dans sa stratégie de représailles.

Des rafineries et un oleoducte frappés
Au cœur de la nuit, des drones ukrainiens ont frappé deux installations appartenant à Lukoil dans la région de Nizhni Novgorod, située à environ 350 kilomètres à l'est de Moscou. Selon les premières informations, des incendies ont été déclenchés, rapidement maîtrisés par les pompiers. Le gouverneur local, Gleb Nikitin, a rapporté que 30 drones avaient été interceptés dans le district industriel où se trouvaient les raffineries. Mais la défense aérienne n'a pas pu empêcher tous les projectiles de toucher leur cible, causant des dommages à une centrale thermique et à plusieurs habitations.
Parallèlement, un drone abattu a endommagé un oléoduc près de Primorsk, dans la région de Leningrad, une ville portuaire stratégique située sur les rives de la mer Baltique. Alexandr Drozdenko, le gouverneur de la région, a précisé que 19 drones avaient été détruits par les forces aériennes dans la région au cours de la même matinée. Ces attaques soulignent la vulnérabilité croissante des infrastructures russes, même à une distance significative de la zone de conflit.
Le bilan humain est particulièrement préoccupant. Dans la région de Belgorod, un minibus transportant des travailleurs a été touché, blessant sept personnes. L'incident, survenu dans le village de Zamostye, illustre la dégradation de la situation sécuritaire pour les civils, pris entre deux feux. L’utilisation d'un véhicule blindé pour assurer le transport n'a pas suffi à garantir leur sécurité.
Moscou affirme avoir intercepté un total de 87 drones ukrainiens au cours de la nuit, répartis sur une vaste zone géographique allant de Belgorod à l'est jusqu'à la péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014. Les autorités de la région de Kursk ont même indiqué que 48 drones avaient été abattus dans leur territoire au cours des dernières 24 heures. Le ministère de la défense russe a cessé de publier le nombre exact de drones interceptés par région, laissant planer un voile de mystère sur l'efficacité de sa défense.
Ce qui frappe, c'est la coordination et l'ampleur des frappes. Les cibles choisies, des infrastructures énergétiques vitales, suggèrent une volonté de perturber l'économie russe et de faire pression sur le Kremlin. L'escalade de cette guerre, se propageant désormais au cœur de la Russie, augure d'une période de tensions accrues et d'incertitudes quant à l'avenir du conflit.