Chute final : bondi clame la victoire, mais à quel prix pour le mexique ?
Washington, D.C. – Le départ imminent de Pam Bondi du poste de Procureur Général des États-Unis a été salué par le Département de la Justice comme un triomphe retentissant. Les opérations menées sous son égide ont conduit à l'élimination d'El Mencho, chef du CJNG, et à la reddition de son ancien allié, El Mayo Zambada, un coup de maître que Washington n’avait pas connu depuis longtemps. Mais derrière cette façade de succès, des questions se posent quant à l'implication des États-Unis dans les affaires intérieures du Mexique et aux conséquences de cette escalade.
Une collaboration controversée avec mexico
Le message, diffusé sur X par le Département de la Justice, ne laisse planer aucun doute : l'administration Bondi, et désormais Todd Blanche sous la houlette de Trump, se targue d'avoir démantelé des cartels et mis hors d'état de nuire des figures emblématiques du trafic. L'opération qui a mené à la mort d'El Mencho, le 22 février dernier à Tapalpa, a notamment bénéficié d'un soutien logistique crucial de la part des États-Unis, notamment grâce à l'utilisation de drones de surveillance. Bien que le gouvernement mexicain, par la voix de la présidente Claudia Sheinbaum, ait minimisé l'influence américaine, affirmant qu'il s'agissait d'une “information de renseignement” et non d'une “pression”, l’ampleur de cette collaboration est indéniable.
Le spectateur silencieux : La reddition d’El Mayo Zambada, extradé vers les États-Unis en juillet 2024, n'est pas moins intrigante. Selon des sources proches du Cártel de Sinaloa, le capo aurait été trahi par le fils de Joaquín “El Chapo” Guzmán, Joaquín Guzmán López, qui l'aurait tendu pour le livrer aux autorités américaines après l'avoir séquestré. Cette traîtrise a plongé le cartel dans une guerre interne féroce entre les “Chapitos” et les “Mayos”, exacerbant la violence déjà endémique dans la région.

Plus de 125 000 accusations : un bilan à nuancer
Le Département de la Justice met en avant un bilan impressionnant de plus de 125 000 accusations de crimes sous l'égide de Bondi et Blanche. Cependant, il convient de nuancer ce chiffre. L'efficacité réelle de ces poursuites, leur impact sur les réseaux criminels à long terme et les potentielles violations des droits humains dans le cadre de ces opérations restent des questions soulevées par les organisations de défense des droits de l'homme. Le recours accru à la surveillance technologique et à la coopération transfrontalière soulève également des inquiétudes quant à la protection des données personnelles et à la souveraineté mexicaine.
L'heure est aux bilans. Alors que Pam Bondi quitte la scène, laissant derrière elle un héritage controversé, le Mexique est confronté à une nouvelle réalité : celle d'une influence américaine accrue et d'une guerre des cartels qui continue de ravager le pays. Le coût de cette “victoire” pour Washington se mesurera peut-être en termes de stabilité régionale et de confiance entre les deux nations.