Corruption au sein de l'armée colombienne : petro accuse iván mordisco
Le président colombien, Gustavo Petro, a déclenché une tempête de réactions en accusant ouvertement des membres de l'armée colombienne d'être corrompus par Iván Mordisco, le chef des dissidences des Farc (État Majeur Central - EMC). Ses affirmations, balayantes, suggèrent que le narcotrafiquant achète la complicité de commandants militaires pour échapper à la capture, un développement qui fragilise considérablement la lutte contre le trafic de drogue et la violence dans la région.
Un chef de guerre qui achète la protection militaire ?
Selon Petro, Iván Mordisco, décrit comme un « jaguar colombien traîtrre et fortuné », profite de ressources financières considérables pour corrompre les responsables militaires chargés de le capturer. L'accusation est d'autant plus grave qu'elle implique une pénétration profonde de la corruption au sein des forces armées, compromettant l'intégrité des opérations militaires. Le président a même affirmé que Mordisco est alerté avant chaque frappe aérienne, lui permettant de s'échapper avec une facilité déconcertante.
« Il achète les commandants qui doivent le capturer », a déclaré Petro, une phrase qui a suscité l'indignation et la consternation dans les milieux politiques et militaires. Il a comparé la situation à celle du chef du Clan del Golfo, alias « Chiquito Malo », soulignant que ces chefs de cartel utilisent leurs immenses richesses pour contrôler les autorités locales et maintenir leur emprise sur leurs territoires.

Des liens avec dubaï et des accords américains ?
Mais l'affaire ne se limite pas à la corruption au sein de l'armée colombienne. Petro a également insinué que les chefs de groupes armés, y compris la Segunda Marquetalia, se cachent à Dubaï et bénéficient de protections accordées par des accords judiciaires avec les États-Unis. Ces accords, selon lui, leur permettraient de réduire l'exportation de cocaïne vers les États-Unis tout en augmentant sa production et sa distribution vers d'autres marchés, renforçant ainsi leur pouvoir et leur influence.
Le président a également critiqué la Liste Clinton (Ofac), un mécanisme américain de sanctions, affirmant qu'elle n’est plus un outil efficace contre le narcotrafic et qu’elle sert davantage à poursuivre des « oppositions politiques ». Il a dénoncé la facilité avec laquelle les chefs de cartels s'installent à Dubaï, ce qui, selon lui, révèle des failles dans les mécanismes internationaux de contrôle.

Un défi majeur pour la sécurité colombienne
La situation d'Iván Mordisco demeure l'un des plus grands défis de sécurité en Colombie. Malgré un avis de recherche et une récompense de 5 milliards de pesos colombiens pour toute information menant à sa capture, Mordisco continue de se déplacer avec aisance dans la jungle entre Guaviare, Vaupés et Amazonas. La récente tentative de neutralisation par un bombardement à Vaupés a échoué, et sa compagne est décédée lors de l'opération, tandis que Mordisco a réussi à s'échapper.
Gustavo Petro, qui a vécu personnellement les conséquences de la guerre, a réaffirmé son engagement en faveur de la paix et a critiqué les décisions erronées qui, selon lui, engendrent des conséquences désastreuses pour l'humanité. Il a même évoqué une demande adressée à Donald Trump pour tenter de mettre fin aux conflits armés. Mais la réalité sur le terrain est sombre : la corruption, le trafic de drogue et la violence persistent, et la crédibilité de l'État colombien est mise à rude épreuve par ces révélations explosives.
La question qui se pose désormais est de savoir si ces accusations, bien que dépourvues de preuves concrètes pour le moment, suffiront à déclencher une enquête approfondie et à ébranler les fondations mêmes de la lutte contre le narcotrafic en Colombie. Le silence assourdissant des autorités militaires face à ces allégations est, en soi, un aveu de faiblesse.