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Déconnexion numérique : des ados sacrés sur le chemin de saint-jacques

Aspe (Alicante) – Huit adolescents, âgés de 14 à 18 ans, s'apprêtent à vivre une expérience radicale : cinq jours sur le Chemin de Saint-Jacques, loin de leurs smartphones. L’objectif ? Détox numérique et redécouverte des liens humains.

Une initiative pour lutter contre la nomophobie

Une initiative pour lutter contre la nomophobie

Cette expérience originale, orchestrée par le psychologue de Aspe, Gonzalo Soria, vise à contrer l'addiction aux écrans, une problématique grandissante chez les jeunes. L'événement, baptisé « Déconnecte sur le Chemin », est une réponse directe à la nomophobie, cette peur irrationnelle de perdre sa connexion mobile.

« Ils arrivent désorientés, mais après quelques heures, ils oublient leur téléphone », explique Gonzalo Soria. « Ils réalisent qu'ils peuvent interagir, marcher et parler sans être constamment sollicités par leurs écrans. » La semaine, qui débutera entre Sarria et Saint-Jacques-de-Compostelle, marque la cinquième édition de cette initiative née en 2021, suite à la prise de conscience des effets néfastes de l'usage excessif des téléphones sur l’adolescence.

La réalité est frappante : certains participants, comme Carla González García, 17 ans, passaient 6 à 7 heures par jour sur leur mobile, postant jusqu’à 15 à 20 stories par jour. « Mes contacts se demandaient si quelque chose m'était arrivé quand je ne postais plus », confie-t-elle. La semaine sur le chemin les oblige à se concentrer sur les interactions réelles, à se soucier de la conversation plutôt que de l'apparence qu'ils projettent en ligne.

Au-delà de la déconnexion, le programme inclut des discussions individuelles et des séances de thérapie de groupe sur les addictions. Ces moments permettent aux jeunes de prendre conscience de la superficialité des relations virtuelles, souvent déconnectées de leur vie réelle. « Sur les réseaux sociaux, on ne voit pas toujours les personnes qui sont réellement dans notre vie », souligne Carla González García.

Le téléphone, les montres connectées et les cartes bancaires restent chez eux. Cette absence de distractions permet de se concentrer sur l’essentiel : les rencontres, les échanges, la découverte de soi. Une expérience qui, paradoxalement, révèle une vie plus riche que celle que l'on peut imaginer derrière un écran.

Le chemin de Saint-Jacques, loin d’être une simple randonnée, devient alors un espace de yeniden-apprentissage des relations humaines. Une leçon que la société, elle, semble avoir oubliée.