Le congrès : un train de vie coûteux pour les parlementaires
Alors que les finances publiques sont sous tension, une somme colossale a été allouée par le Congrès espagnol aux frais de déplacement en 2025 : plus de huit millions d'euros. Un chiffre qui, bien que légèrement inférieur à l'année précédente, continue d'interroger sur l'ampleur des dépenses de nos représentants.
Un budget de voyage stable, malgré tout
L'année 2025 a vu le Congrès dépenser 4,67 millions d'euros pour les déplacements nationaux et 3,58 millions d'euros pour les activités internationales, portant le total à 8,26 millions d'euros. Bien qu'il s'agisse d'une légère diminution par rapport aux 8,39 millions d'euros investis en 2024, le montant reste conséquent, surtout si l'on prend en compte la forte augmentation observée en 2024 (20 % par rapport à 2023, une année marquée par une activité parlementaire plus restreinte).
Cela représente une moyenne de 23 596 euros par député, une somme qui soulève des interrogations, surtout à l'heure où le pouvoir d'achat des citoyens est mis à rude épreuve. Mais le détail des dépenses révèle une réalité plus complexe.

Des déplacements en espagne et à l'étranger : un inventaire précis
Une grande partie de ce budget est consacrée aux déplacements entre Madrid et les différentes circonscriptions, représentant 3,03 millions d'euros. Il faut également prendre en compte les 902 700 euros alloués aux déplacements pour des activités politiques, et les 10 920 euros pour les voyages officiels en représentation de la Chambre. Mais c'est la volet international qui frappe le plus les esprits : près de 200 voyages officiels, dont la majorité à l'étranger, ont coûté 3,5 millions d'euros.
L'année 2025 a été marquée par la présidence espagnole de l'Assemblée parlementaire de l'Union pour le Méditerranée, ce qui a généré des coûts importants. La participation à la réunion du Forum sur le futur de la Méditerranée à Grenade a représenté une dépense de 953 382 euros, tandis que la Cime des Présidents à Malaga a mobilisé 680 773 euros. Même la réunion des Parlements du Sud à Lanzarote a nécessité un investissement de 333 960 euros.
Il est également important de noter les déplacements des délégations espagnoles à la Commission parlementaire du Conseil de l'Europe et de l'OTAN, qui se réunissent régulièrement. Le voyage à Dayton (États-Unis) pour la session de printemps de l'OTAN, à un coût de 241 92 euros, illustre la portée géographique de ces activités.

Les commissions parlementaires : des déplacements parfois coûteux
Certaines commissions parlementaires se sont également distinguées par leurs déplacements coûteux. La commission des Affaires étrangères a ainsi dépensé 119 016 euros pour une visite en Chine, tandis que les commissions de l'Égalité et de suivi du pacte contre la violence de genre ont alloué 107 594 euros pour une mission à New York. La commission de l'Industrie et du Tourisme, présidée par Inés Granollers, a quant à elle réalisé les déplacements les plus coûteux au sein du pays, notamment à Caravaca de la Cruz et à Cadix.
Enfin, un investissement de 9 750 euros a été réalisé dans un cours virtuel sur la technique législative destiné aux pays d'Amérique latine et des Caraïbes.
Le train de vie des parlementaires continue donc de peser lourdement sur les finances publiques, même si une légère diminution des dépenses a été constatée en 2025. La question qui se pose désormais est de savoir si ces déplacements sont véritablement nécessaires et justifiés, ou s'ils ne constituent pas un gaspillage d'argent public.