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Ormuz : les états-unis redoublent d'efforts pour sécuriser le trafic maritime face aux tensions géopolitiques

Washington a annoncé ce vendredi un doublement de son engagement en matière de garanties de réassurance pour les navires traversant le détroit d'Ormuz, atteignant 40 milliards de dollars. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions exacerbées entre les États-Unis, Israël et l'Iran, et d'une interruption du flux maritime vital.

Une mesure visant à calmer les marchés et à soutenir l'approvisionnement énergétique mondial

La décision, qui s'ajoute à un programme de réassurance de 20 milliards de dollars annoncé par la DFC (Corporation Financière de Développement International des États-Unis) le mois dernier, vise à rassurer les compagnies maritimes et à encourager la reprise du trafic. Le détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 15 % du commerce mondial du pétrole et du gaz naturel liquéfié, est au cœur d'une crise énergétique mondiale. La situation a déjà entraîné une hausse des prix de l'énergie et de l'essence, notamment aux États-Unis, où le prix de la galon d'essence a dépassé les 4 dollars pour la première fois depuis 2022.

Le programme de réassurance renforcé impliquera des partenaires tels que AIG, Berkshire Hathaway, Travelers, Liberty Mutual Insurance, Starr et CNA, en plus de Chubb, qui apporteront 20 milliards de dollars supplémentaires. Cette initiative est perçue comme une tentative de rétablir la confiance des transporteurs, qui restent réticents à reprendre les traversées du détroit en raison des menaces iraniennes – attaques de drones, missiles et mines marines – qui pèsent sur la sécurité des équipages.

« Jusqu'à présent, l'absence de garanties de sécurité sur les navires a freiné les investissements et contribué à l'augmentation des prix », explique Bob McNally, président de Rapidan Energy Group, une société de conseil basée à Washington. Il ajoute que les primes d'assurance ne baisseront qu'une fois que les capacités militaires iraniennes seront significativement affaiblies. La promesse d'une protection navale, bien qu'en cours d'étude, n'est pas encore garantie.

Donald Trump, ancien président américain, a réitéré sur les réseaux sociaux sa frustration face au blocage du détroit et au manque de soutien de ses alliés pour rétablir le trafic. Il a même évoqué la possibilité d'« extraire le pétrole et devenir riches » si le détroit était rapidement ouvert, sans préciser les mesures envisagées.

La DFC précise que les navires éligibles au programme de réassurance devront fournir des informations détaillées sur leur origine, leur destination, leurs bénéficiaires finaux, le propriétaire de la cargaison et les institutions financières qui financent les navires. La récupération de la confiance des transporteurs est un objectif prioritaire, mais les défis restent considérables. La situation du détroit d'Ormuz illustre la fragilité des chaînes d'approvisionnement mondiales et les conséquences directes des tensions géopolitiques sur l'économie mondiale.

Les marchés surveillent de près l'évolution de la situation, conscients que la stabilité du détroit est essentielle pour maintenir un approvisionnement énergétique stable et éviter une nouvelle crise économique. Le coût d'une interruption prolongée du trafic serait dévastateur pour les consommateurs et les entreprises du monde entier.