Pérou : un état d'urgence électoral avant le scrutin
Le pays se prépare pour les élections générales du 12 avril, mais l'atmosphère est tendue. Le Jury National des Élections (JNE) a imposé une batterie de restrictions draconiennes, transformant le processus électoral en une sorte de siège électoral. Un tour de force, ou une asphyxie de la démocratie ?

Un calendrier de restrictions impitoyables
À partir du lundi 6 avril, les citoyens et les acteurs politiques devront naviguer dans un labyrinthe de prohibitions. La publication de sondages d'opinion est désormais illégale, sous peine d'amendes vertigineuses allant de 55 000 à 550 000 soles (soit 10 à 100 unités impositives tributaires). Une somme qui risque de décourager les instituts de sondage, ou de les pousser à opérer dans la clandestinité, ce qui n'est pas sans danger pour la transparence du processus.
Mais ce n'est pas tout. Les rassemblements publics et les manifestations politiques sont interdits à partir du vendredi 10, sous peine de peines de prison pouvant aller de trois mois à deux ans. La propagande politique, elle, est suspendue dès le samedi 11 à minuit, et son non-respect est passible d'une peine d'emprisonnement d'au moins deux ans. La