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Therian : réseaux sociaux ou nouvelle identité ?

Des vidéos virales, des rassemblements improvisés, des débats enflammés : les « therians » font l'actualité. Mais qui sont-ils, et pourquoi cette fascination soudaine sur les réseaux sociaux ? Loin d'une simple mode, cette question soulève des interrogations sur la construction identitaire et la complexité des communautés en ligne.

Therianthrope : entre mythe et réalité

Therianthrope : entre mythe et réalité

Le terme « therianthrope », combinant « bête » et « homme », n'est pas nouveau. Il émerge dans les années 90 sur les forums de discussion dédiés aux fantastiques. Initialement regroupés sous l'appellation plus large d'« otherkin », ceux qui s'identifient comme therians se définissent comme des personnes ressentant une connexion profonde avec un animal spécifique, leur « teriotype ». Cette identification n'est pas une simple préférence esthétique, mais une véritable construction identitaire, une tentative d'exprimer une part d'eux-mêmes.

Tout a basculé entre 2020 et 2021 avec l'explosion de TikTok. Les vidéos de jeunes gens adoptant des comportements quadrupèdes, souvent accompagnées de masques et d'accessoires, ont propulsé le phénomène au rang de tendance virale. Or, cette popularité en ligne contraste fortement avec la réalité vécue par la majorité des therians.

Les premières rencontres, plus discrètes, se déroulaient en province, loin des grandes villes. Mais des rassemblements se sont organisés dans des villes comme Valladolid ou Ávila, attirant même des adeptes de l'autre côté des Pyrénées. À Madrid, la manifestation la plus visible, sur la Puerta del Sol, n'a pas correspondu aux images spectaculaires diffusées sur les réseaux. Au contraire, des vidéos de moqueries envers un jeune homme, dont l'âge semblait inférieur à 15 ans, ont fait surface. Une scène déplorable.

Les psychologues insistent : cette identité n'est pas une pathologie. Elle représente plutôt une quête de soi, un besoin d'appartenance. Les therians cherchent à socialiser, à se sentir compris par une communauté partageant une expérience similaire. Ce n'est pas une volonté de se transformer physiquement en animal, mais une exploration de leur propre identité à travers un lien symbolique fort.

L'affaire prend une tournure politique dans certaines régions de Castille-et-León, où des militants de Vox ont profité de ces rassemblements pour exprimer leur hostilité envers le gouvernement. Un exemple troublant de la manière dont cette réalité, aussi marginale soit-elle, peut être instrumentalisée.

La question de l'existence des therians se résume donc à ceci : oui, ils existent, mais pas comme on les voit sur les réseaux sociaux. Ce n'est pas une simple mode passagère. C'est un phénomène complexe, une nouvelle forme de communauté, qui mérite d'être comprise au-delà des clichés et des fantasmes.

La cifra parle d'elle-même : les recherches sur « therian » ont explosé sur Google ces derniers mois. Une preuve que cette nouvelle identité, aussi déroutante soit-elle, résonne avec une part de la société. Et cette résonance ne fera que croître.